- C'est bien ce que je pensais, conclut-it, en reprenant le contrôle de lui, même si la sauvagerie de ses yeux perdura. Je t'aime, Bella.
- Je t'aime aussi, Jacob.
Il sourit.
- Je le sais depuis longtemps.
Sur ce, il tourna les talons pour s'éloigner.
- Tout ce que tu voudras! Hurlai-je d'une voix étranglée. Je ferai tout ce que tu voudras. Mais reviens!
Il s'arrêta, pivota lentement.
- Je ne crois pas que tu mesures la portée de tes paroles.
Reste, le suppliai-je.
- Non, objecta-t-il, tu ne me retiendras pas. En revanche, je laisserai peut-être le destin décider, ajouta-t-il après une brève pause.
- Comment ça?
- Je ne commettrai aucun acte délibéré. Je me battrai au côté des miens, et advienne que pourra. Mais uniquement si tu réussis à me convaincre que tu souhaites vraiment mon retour, et non en jouant les grandes âmes.
- De quelle façon?
- Demande.
- Reviens, chuchotai-je.
Comment osait-il douter de moi? Il secoua la tête, me sourit de nouveau.
- Je ne pensais pas à ça.
Il me fallut plusieurs secondes pour saisir ce qu'il entendait, durant lesquelles il me toisa d'un air supérieur, sûr de ma réponse. Quand je compris enfin, les mots sortirent sans que je réfléchisse.
- Embrasse-moi, Jacob!Sous la surprise, il écarquilla les yeux. Très vite, l'étonnementle céda à la suspicion.
- Tu n'es pas sérieuse?
- Embrasse- moi, Jacob. Embrasse-moi et reviens-moi.Il hésita. Il commença à s'éloigner, se ravisa, fit un pas incertain dans ma direction, puis un second. Il posa sur moi un regard interrogateur que je soutins. Il se balança sur ses talons et, soudain, plongea vers moi, me rejoignit en trois enjambées. Ayant deviné qu'il tirerait avantage de la situtation, je ne bronchai pas, papières closes, poings serrés. Ses mains se refermèrent autour de mes joues, et ses lèvres trouvèrent les miennes avec une soif proche du désespoir.
Je sentis sa colère lorsque sa bouche se heurta à ma résistance passive. Une de ses paumes se plaqua sur ma nuque, agrippant la racine de mes cheuveux, tandis que l'autre, posée sur mon épaule, me collait à lui. Elle descendit le long de mon bras, saisit mon poignet qu'elle plaça autour de mon cou. Je l'y laissai, poing toujours fermé, ignorant jusqu'où mon envie folle de le garder là, ses lèvres, incroyablement douces et chaudes cherchaient à m'arracher une réaction.